LES MÉTIERS

L’atelier

Des six disciplines que prévoit le montage, une seule travaille à l’ouverture, la haute sellerie, dans le travail conjoint du cuir, du métal et du bois.

L’atelier du bois

La maison ouvre avec un seul atelier, la haute sellerie, dans le travail conjoint du cuir, du métal et du bois. Deux maîtres — le cuir, y compris l’impression aux fers chauds et la dorure à chaud à la feuille, et les métaux, avec une forge dans un local qui lui est propre — et huit apprentis à l’établi.

Pourquoi une seule

Le choix est délibéré, car une maison qui annoncerait six disciplines avant d’en avoir ouvert une seule dirait d’elle-même qu’elle n’a jamais tenu d’atelier. La haute sellerie est le seul des métiers qui tienne ensemble trois matériaux dans un même objet, elle dispose d’un marché identifiable, et elle se soude aux vingt-trois hectares et aux chevaux, puisque celui qui construit une selle la monte, et que le visiteur le comprend sans que personne ait à le lui expliquer.

La seconde : calligraphie et livre

Le second atelier prolonge le premier. La reliure de haut de gamme partage avec la sellerie les fers chauds, la feuille d’or et la presse, de sorte que le maître du cuir enseigne au relieur la moitié de son métier, et que les deux travaux s’adressent à la même clientèle. Il ouvre lorsque le premier atelier vend et que la maison a appris à se tenir debout.

Les autres

Le zellij, le plâtre sculpté et les muqarnas, le tissage et le brocart, le bois et la sculpture demeurent inscrits dans le montage de l’institution et s’ouvrent par délibération d’al-majlis, l’assemblée, lorsque les maîtres, le travail et les mains pour les tenir se trouvent réunis. Le troisième maître de la sellerie, celui du bois de l’arçon, arrive avant les autres, dès que l’atelier peut le porter.

Chaque atelier a son enseigne, sculptée dans le bois et suspendue au-dessus de la porte, avec au centre l’outil qui l’identifie et au fond la couleur du métier. C’est la même série que porte la maison de Fès, et c’est la manière la plus immédiate par laquelle les deux maisons se reconnaissent entre elles.

L’enseigne de l’atelier — Sellerie

Sellerie

La selle. C’est l’atelier qui ouvre, et le seul qui travaille à plein la première année.

L’enseigne de l’atelier — Calligraphie et livre

Calligraphie et livre

Le calame et le rapporteur. La seconde, lorsque la sellerie se tient seule.

L’enseigne de l’atelier — Zellij

Zellij

Le menqach, le marteau avec lequel on taille la tesselle.

L’enseigne de l’atelier — Plâtre et muqarnas

Plâtre et muqarnas

Le compas, d’où part tout tracé.

L’enseigne de l’atelier — Tissage et brocart

Tissage et brocart

La navette.

L’enseigne de l’atelier — Bois et sculpture

Bois et sculpture

L’archet. Le troisième maître de la sellerie vient de là.

Ce que l’on produit

Des pièces uniques ou de petites séries sur commande, selles sur mesure, harnais, maroquinerie d’auteur, destinées à des écuries, à des collectionneurs, à des maisons de mode et à des institutions. La maison ne produit pas d’objets de catalogue et ne vend pas au visiteur de passage, et la contrainte est arithmétique avant d’être affaire de goût, puisqu’un travail vendu à des marges de détail ne soutient pas des maîtres payés convenablement, et qu’un atelier qui se met à produire des objets menus cesse d’être une école en l’espace de deux ans.

Sellerie : cuir, métal, bois·Le travail sur commande·Le corps et la journée·Le passage à maître